Capitaine de Frégate Cyrille Serge ATONFACK GUEMO Chef de Division de la Communication / MINDEF

Cameroun - Honneur et Fidélité : Emergence : l’Afrique coincée entre le marteau d’une bipolarité combative et l’enclume d’une unipolarité agressive

Annoncées comme révolutionnaires, les mutations géopolitiques enregistrées sur notre planète dès l’aube des années 90, avaient laissé entrevoir une nouvelle ère de coopération plus égalitaire dans la marche du monde. Effet papillon, mondialisation, globalisation, multipolarité, co-sécurité, coprospérité, autant d’expressions désormais couramment usitées dans le vocabulaire, et qui venaient en soi traduire les espoirs placés en ce renouveau dans la structure des lignes de force ayant jusque-là régenté les relations internationales.

Avec la fin supposée des rivalités Est-Ouest, se dissolvait le carcan qui de toujours anesthésiait les velléités d’émancipation des Etats faisant jusqu’alors partie du tiers monde. Un nombre incalculable d’opportunités de croissance se présentait, tout comme semblait s’élargir la panoplie des alliances, pour ces Etats qui pouvaient dorénavant se mettre en devoir de concrétiser leurs ambitions de souveraineté et de prospérité, sans craindre de provoquer le courroux d’aucun tutorat.

Mais la multipolarité triomphante a fait long feu, et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, l’on assiste au retour en force des vieilles pratiques hégémoniques. A l’interventionnisme militaire, aux pressions politiques et économiques d’usage déjà ancien, viennent s’ajouter des pressions juridiques. Révisions ou ruptures unilatérales d’accords de partenariats, imposition de sanctions, jugements arbitraires, accusations diffamatoires, tous les prétextes sont bons, surtout les plus fallacieux, tant qu’ils servent à faire valoir les droits putatifs des plus puissants.

Repartie de plus belle, la compétition est aussi plus impitoyable, plus dévastatrice, la joute monopolistique devenant d’autant trouble à mesure que s’y invitent les Etats parvenus au seuil de puissance. En effet, la multiplication et l’itinérance des guerres sous faux drapeau conduites par des sociétés militaires privées et des groupes armés terroristes, peinent à masquer les appétits des gouvernements volant au secours de leurs multinationales engagées dans la course aux ressources naturelles ou aux débouchés commerciaux.

Ainsi pris en tenaille entre le marteau d’une bipolarité combative et l’enclume d’une unipolarité agressive, de nombreux partisans de la multipolarité sont en recherche de survie. financières qui leur sont promises, que du bien-être des peuples dont ils se proclament les libérateurs. A l’évidence, l’actuel désordre mondial offre une magnifique fenêtre d’opportunités à toutes sortes d’aventuriers, plus assoiffés des confortables rentesfinancières qui leur sont promises, que du bien-être des peuples dont ils se proclament les libérateurs.

Et à l’instar d’autres pays d’ici et d’ailleurs victimes des conflictualités asymétriques portées par de fausses idéologies fondamentalistes ou séparatistes, le Cameroun est confronté à des desseins de balkanisation à partir de ses régions administratives de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Car loin de porter un quelconque projet de société puritain ou émancipateur, ces mouvements séditieux nés hors de nos frontières, ne sont en réalité que les bras séculiers des entités étrangères qui les financent.

Dans l’environnement planétaire présentement en recomposition, le Cameroun se trouve malheureusement au cœur du Golfe de Guinée. Un point de confluence de nombreuses routes commerciales terrestres, maritimes et aériennes, et partant, un point de convergence de toutes aussi nombreuses convoitises. Non plus, les richesses de son sol et de son sous-sol n’attirent pas que des faveurs à notre pays, considéré comme étant le centre de gravité économique de l’Afrique centrale. En somme, un potentiel sérieux candidat au statut de puissance régionale.

L’ambition souverainiste ne pouvait être du goût de tous, certains ténors du vaisseau communauté internationale prenant d’ailleurs sur eux de réprimer cette outrecuidance d’une manière exemplaire. Une invasion militaire s’avérant condamnable, hypothétique dans son épilogue et probablement coûteuse en vies humaines, la seule façon d’essayer d’endiguer la forte personnalité du Cameroun, revient à créer des brèches dans la cohésion de son peuple. Pour y parvenir, d’ubuesques prétentions fondamentalistes et de soudains désirs de séparatisme sont des instruments tout trouvés. Il faut bien pouvoir diviser pour mieux régner.

Sauf qu’au lieu de provoquer le délitement social et territorial du Cameroun, les agressions multiformes dont il est l’objet cristallisent le sentiment national de son peuple. Malgré les atroces souffrances endurées, le tandem Armée-Nation poursuit inlassablement son combat héroïque sur tous les fronts, les filles et les fils du Cameroun gardant une foi inébranlable en la victoire de la Patrie sur ses ennemis. /-

Capitaine de Frégate Cyrille Serge ATONFACK GUEMO

Chef de Division de la Communication / MINDEF

Edito du 21 novembre 2020

Odile Pahai