Cameroun : résilience nationale renforcée face à la désinformation

Apparu vers fin 2019 en Asie, la maladie du nouveau coronavirus s’est répandue telle une traînée de poudre, obligeant les humains à abandonner un certain nombre de pratiques et, à en adopter de nouvelles pour se prémunir du fléau vite devenu pandémie. Des mesures d’hygiène corporelle, une attitude comportementale ont été édictées, et le travail à distance conseillé, aux mêmes fins. Cet ensemble de précautions semble avoir été d’une redoutable efficacité, dans le maintien à des niveaux extrêmement bas des taux de contagiosité et mortalité au COVID-19 sur le continent africain en général, et au Cameroun en particulier.

Avec un peu moins d’un millier de morts pour une population de 25 millions d’habitants, hormis les très nombreuses communautés d’étrangers vivant sur son sol, le Cameroun affiche un taux de mortalité au COVID-19 de 1,45 %, alors que la moyenne mondiale se situe bien au-dessus des 2 %. Notre pays tant vilipendé affiche de fait un ratio ridiculement bas, comparé à ceux des pays s’étant alors prévalus du niveau très élevé de leurs plateaux techniques.

En effet, l’on se rappelle bien la tenue sur les plates-formes des agences de propagande et de conditionnement des esprits, de ces interminables séances de dénigrement organisées à l’adresse de la race africaine, vraisemblablement menacée d’extinction par l’insaisissable virus. L’essentialisation de l’incapacité des africains à prévoir, contrôler et se projeter vers l’avenir était devenue le sujet de prédilection des experts de tout acabit, trop heureux d’ainsi dissimuler à peu de frais leur ignorance sur la maladie, ainsi que les déficiences de la riposte qui lui était opposée dans leurs propres pays d’origine.

La cruelle réalité des faits sera venue quelque peu tempérer le vacarme des rodomontades, quand bien même certains impénitents de la politique de l’autruche, n’en continueraient pas moins de ne se regarder dans la glace, que pour y contempler la détresse des autres. Ainsi, après les coups fourrés pour l’accaparement des masques, et à la suite des déroutantes guéguerres sur les médications les plus appropriées, l’heure semble venue d’encore stigmatiser l’Afrique, cette fois sur la faible couverture vaccinale anti-covid jusqu’ici réalisée par le continent.

Une assertion volontairement tronquée, dans l’unique dessein de réfutation des immenses efforts déployés par nos pays, confrontés à la confiscation du produit vaccinal par ceux qui voudraient en faire un levier de pression politico-diplomatique.

Mais ce serait une dangereuse erreur de jugement, que d’estimer que la géopolitique du travestissement et de l’intoxication constitue une réaction somme toute opportuniste, seulement liée à la panique suscitée par l’apparition du coronavirus.

Car longtemps avant l’arrivée de l’actuelle pandémie, certains avaient déjà élevé l’imposture au rang de facteur fondamental d’influence ou de puissance.

Le Cameroun est à maints égards victime de cette stratégie de la présomption diffamatoire, lui dont la réputation de la valeureuse armée est en permanence projetée à travers le prisme déformant des biais cognitifs, autrement dit, des schémas de pensée trompeurs et faussement logiques. Ainsi, l’armée camerounaise remporte-t-elle des victoires dans ses opérations de sécurisation du territoire national, voici qu’on lui prête des armes qu’elle ne possède pas, des modes opératoires dont elle n’use pas.

Cette même armée est-elle accueillie avec ferveur partout où elle se trouve déployée, que ce soit au Cameroun ou à l’étranger, l’on a tôt fait de lui imputer des amoralités qu’elle ne pratique pas. Tout simplement parce que l’armée camerounaise étant celle d’un pays africain et sub-saharien, elle serait foncièrement incapable de prouesse technique et de rectitude morale.

Les nombreuses dénonciations qui soutiennent ces préjugés ayant fait la preuve de leur inconsistance car très souvent non-fondées, l’on en vient aux incriminations préventives, l’on recourt aux exactions prophétisées, un peu comme d’autres tendent des embuscades à priori.

Sur la même portée, des analyses scélérates incitent à la désespérance et la délinquance plutôt qu’à l’esprit d’entreprise et au goût de l’effort, des théories falsifiées construisent des consciences révolutionnaires factices, cependant que le discours captieux anesthésie jusqu’au moindre désir de lumière, des consciences embrigadées que l’on voudrait convaincre des vertus émancipatrices du sadomasochisme et de l’asservissement.

Dans cette doctrine de la dialectique mensongère, la mise à feu et à sang de son propre pays est un acte hautement patriotique, l’incendie des écoles et la destruction des hôpitaux sont présentés comme favorisant le progrès scientifique, l’héroïsme des tueurs de masse est célébré, les bombes humaines sont érigées en martyrs, tandis que les égorgements de femmes et d’enfants sont des actes d’une extrême vertu.

Au lieu de continuer de servir d’éponges absorbantes à ces théories prêtes-à-consommer, une urgente réconciliation s’impose, avec nous-mêmes, avec nos racines. La réconciliation avec nos Institutions. Il y va de notre avenir, il y va de notre liberté, il y va de notre santé. Il y va de notre sécurité à tous !

Capitaine de Vaisseau Cyrille Serge ATONFACK GUEMO Chef de Division de la Communication / MINDEF

Odile Pahai