Cameroun - Unité Nationale : 20 mai 2020 : résilience sanitaire et sécuritaire

De l’homme, il est dit qu’il ne se connaît que lorsqu’il se mesure à un obstacle. Ce dernier, à savoir l’obstacle, semble donc être l’échelle sur laquelle l’homme met la quantité et la qualité de ses ressources matérielles, au service de ses aptitudes physiques, intellectuelles, sa détermination à surmonter la difficulté, et surtout, la force de sa conviction, dans la poursuite de l’idéal qu’il se sera choisi. Et il en va de l’homme comme du peuple.

Durant la longue et douloureuse période de la double occupation étrangère, le peuple du Cameroun a conservé intactes, sa conviction de ne retrouver la plénitude de sa nature que dans l’Unité, de même que sa détermination à la reconstituer. De part et d’autre de la ligne de démarcation facticement tracée par l’occupant, les combats pour y parvenir furent nombreux, et héroïques les batailles civiques, syndicalistes, et politiques menées par d’invétérés patriotes. La plus marquante de toutes reste cependant la consultation référendaire qui aura pour jamais, scellé l’Unité du peuple camerounais, Unité qui n’était pas une option, mais un besoin existentiel.

Ce besoin qui du reste s’exprime dans l’intitulé de la 49e Fête de l’Etat Unitaire, à savoir ; Armée et Nation : Ensemble pour relever les défis de la sécurité sanitaire et préserver la paix, la stabilité et la prospérité du Cameroun.

Force est en effet de constater que près d’un demi-siècle après avoir conjuré les démons de la division, le peuple camerounais de nouveau se retrouve devant un péril susceptible d’attenter à sa survie en tant qu’entité homogène et prospère. Car le défi posé par le COVID-19 est loin d’être seulement sanitaire, encore que cet aspect soit celui qui mérite le plus d’attention.

Autrement, que vaut une population dont une partie serait minée par la maladie, et l’autre en voie de l’être ? Comment préserver la paix et la stabilité du Cameroun avec une population de patraques dont la jeunesse serait en plus incapable de fréquenter les temples du savoir devant aider à défricher les boulevards de la prospérité ? Par ailleurs, et tel qu’on le voit encore ces temps derniers, ne court-on pas le risque d’une mise en quarantaine par les peuples jaloux de leur sécurité sanitaire ?

Imagine-t-on seulement les dommages qu’engendrerait une désinvolture au plan sanitaire sur notre société et notre économie ? Des milliers de familles seraient décimées par la maladie, des millions de personnes poussées à un hypothétique exode, dépeuplant de fait des portions entières du territoire national. Avec un tissu économique en panne faute de main d’œuvre valide, la pauvreté ne tardera pas à commettre d’indicibles ravages.

Il va sans dire que la détresse ambiante donnera du grain à moudre aux entrepreneurs de la dislocation du tissu social.

A peu de chose près, les générations d’avant les nôtres ont fait face à des défis similaires, qu’ils soient l’accès à l’Indépendance ou le retour à l’Unité. Comme vivre libres et unis était pour ces patriotes une nécessité vitale, vivre unis et en santé l’est également pour nous. Mais il ne suffit pas de le souhaiter pour le réaliser. Soyons tous convaincus, déterminés et engagés.

Par ces temps d’incertitude propices au délitement sociétal ainsi qu’au nationalisme sanitaire, l’Unité et la Santé sont deux biens précieux qui ne peuvent se préserver qu’à partir de la conviction profondément ancrée en chaque citoyenne et chaque citoyen, civil et militaire confondus, d’être porteur d’une part du désir d’indissociabilité qui anime l’ensemble de la communauté nationale.

Et pendant que nous espérons de toutes nos forces le retour à une vie normale, à nous de faire de notre diversité sociologique un ciment et non un dissolvant d’unité. A nous de faire du défi sanitaire, un instrument d’expression de notre patriotisme.

Capitaine de Vaisseau Cyrille Serge ATONFACK GUEMO Chef de Division de la Communication / MINDEF

Odile Pahai