Honneur et Fidélite : Afrique : Paix et union comme conditions du développement

A l’image de la conférence tenue de novembre 1884 à février 1885 à Berlin, et qui aura consacré le partage de l’Afrique entre les puissances européennes ; à l’instar de la conférence tenue du 04 au 11 février 1945 dans la ville balnéaire de Yalta en Crimée, et qui visait entre autres objectifs, à garantir la stabilité du nouvel ordre planétaire au sortir de la seconde guerre mondiale, le monde vient une fois de plus, de vivre un de ces moments de fébrile solennité que le contexte de survenue et l’impact sur l’avenir font rentrer dans les annales. Il s’agit de la rencontre du 16 juin dernier à Genève, entre le président des Etats-Unis d’Amérique et son homologue de Russie. Un rendez-vous au sommet arrivé plus tôt que prévu par les experts attitrés des relations internationales.

Souvenons-nous que peu avant cette rencontre, les deux protagonistes s’étaient en effet livrés à un insupportable jeu de scène fait de déclarations sardoniques et de postures agressives en divers points de la planète. Une zone de turbulences que les grandes agences médiatiques se chargeaient méthodiquement de répandre sur la terre entière, agitant en arrière-plan, le spectre de la dévastation qui ne manquerait pas de s’abattre sur les nations réfractaires aux idées d’un changement qui à l’expérience, continue de causer plus de malheurs qu’il ne procure de bonheur.

D’une certaine façon, et sous réserve des inclinations idéologiques, ces agences de presse annonciatrices de mauvais augure n’avaient pas tort, les récents pourparlers de Genève s’étant attelés à aplanir les divergences portant sur l’étendue des sphères d’influence dont chacun des super-grands réclame la propriété. Une perspective de partage qui ne manquera pas d’influer négativement sur le devenir des nations les plus faibles, comme il s’en dénombre sur notre continent. Car une fois de plus, la course à la puissance risque fort de se faire aux dépens d’une Afrique soumise à toutes sortes de tensions centrifuges visant à son émiettement, à l’heure des grands regroupements d’Etats-Nations.

Capitaine de Vaisseau Cyrille Serge ATONFACK GUEMO Chef de Division de la Communication / MINDEF

Comment dans un tel contexte notre continent pourra-t-il avoir son mot à dire, s’il n’est constitué que d’un chapelet de micro-concessions territoriales administrées par des multinationales ? Comment dans un tel contexte notre pays le Cameroun, que nous voulons émergent dans un terme qui se rapproche à toute allure, pourra-t-il réaliser son ambition, si nous nous entêtons à lui refuser le plus crucial des atouts dont il a le plus besoin, à savoir la cohésion nationale, premier fondement de la puissance ?

Toutes ces années passées à nous entre-déchirer, devraient nous permettre d’appréhender l’inanité et la dangerosité des causes sans avenir, car superficielles, artificieuses et dénuées de substance, qui nous auront été vantées, sous le fallacieux prétexte de révolutions colorées, lesquelles révolutions se seront vite transformées en bains de sang et mers de tourments. Du pain béni pour des corporations nécrophages, trop contentes de se servir grassement sur les détresses de nos populations.

Ce cycle infernal ne prendra fin que si tous de commun accord, nous le décidons. De nombreux exemples d’ici et d’ailleurs nous rappellent qu’un dialogue constructif est possible même entre les plus inconciliables des ennemis. Nous n’en sommes pas. Nos dissensions internes, nos frustrations intimes, nos questionnements légitimes, trouveront certainement des réponses opportunes dans un cadre national apaisé. Il est donc temps, et même plus que temps, de retrouver les voies de la raison, du bon sens, de la fraternité.

La cohésion de notre peuple, la force de nos traditions, la richesse de notre sol, notre volonté d’émancipation par la connaissance, voilà qui par ordre d’importance, nous vaudra estime et respectabilité dans le concert des nations.

Capitaine de Vaisseau ATONFACK GUEMO

Chef de Division Communication - MINDEF