Coup d’Etat au Burkina Faso : "Le MPDR recommande la prudence aux populations"

Le MPDR a pris connaissance avec une extrême réserve, du renversement des institutions au Burkina Faso par l’armée sous la directiond’un Colonel formé en France, avec toutes les conséquences que cela implique.

Le MPDR regrette profondément cette situation, d’autant plus que le processus démocratique ne souffrait d’aucune entorse valable ou visible, et par ailleurs que rien dans la vie politique du pays les deux dernières années, ne laissait raisonnablement présager une telle issue, même pas les graves préoccupations sécuritaires.

Le MPDR recommande la prudence aux populations, en dépit des dérives de certains analystes et populistes, qui veulent voir dans ce nouveau coup de force, une quelconque entreprise de « libération de l’Afrique ». Comparaison n’a jamais été raison, et le Burkina n’est ni le Mali ni le Tchad.

Le MPDR note à ce propos, que rien n’exclut que l’ancien président Blaise Compaoré, exilé en Côte d’Ivoire, et dont on connait le niveau de désir de vengeance, de manipulation et de cynisme criminel, soit le véritable instigateur de l’opération. Le tout premier gain, serait l’abandon du procès sur l’assassinat de Thomas Sankara, dont il assume l’entière responsabilité comme auteur principal, concepteur et bénéficiaire. On n’oublie d’ailleurs trop souvent, que Blaise Compaoré avait liquidé les deux autres compagnons gênants pour rester seul, en l’occurrence les capitaines ZONGO et LINGANI. Tout cela est peut-être en jeu aujourd’hui dans ce chamboulement.

Le MPDR note pour s’en inquiéter, l’attitude pleine de clémence envers les auteurs du coup d’Etat, de certains pays étrangers, qui ne sont pas susceptibles de militer pour la dignité et le bonheur des peuples africains.

Le MPDR exprime enfin son étonnement, sur le fait que les nouveaux maîtres soient très pressés de rassurer les pays occidentaux, et de gagner leur confiance, par des premières mesures très contradictoires : rétablissement de la constitution, mais renvoi aux calendes grecques du procès des assassins de Thomas Sankara. Notre suspicion est donc plus que légitime.

Le MPDR rappelle sa position de principe, basée sur la culture de la médiation et la réconciliation dans tous les contextes, et en privilégiant par toutes les voies et par tous les moyens, le consensus. Rien ne justifie ni le recours aux armes, ni les exclusions, les sectarismes, les marginalisations et les radicalismes./.

Le MPDR recommande de se donner un temps de réflexion et d’observation, avant de porter un jugement valable, sérieux et pertinent sur la nouvelle situation politique du Burkina Faso./.

Yaoundé, le 1er Février 2022

SHANDA TONME

Président, Médiateur Universel