Cybercriminalité au Cameroun : PROTEGE QV sensibilise les femmes journalistes à la protection de données numériques

De plus en plus de femmes usent du numérique pour garantir un travail efficace dans leurs domaines de compétences. Les femmes journalistes ne sont pas en reste, néanmoins il subsiste quelques irrégularités rencontrées dans le domaine du digital. A cet effet, PROTEGE QV (Promotion des Technologies Garantes de l’Environnement et de la Qualité de Vie) a organisé du 15 au 16 février 2022, un atelier de formation des femmes journalistes à la sécurité numérique à Yaoundé.

Sachant que le contexte sanitaire actuel (lutte contre le Covid-19) exige certaines restrictions, une session a non seulement été organisée en ligne grâce à l’application ‘’Zoom’’, mais également en présentiel avec un nombre restraint de femmes.

La femme journaliste de plus en plus plébiscitée dans le domaine du numérique au vues de son implication dans les reportages, son rôle de Community Manager, de réalisateur, de Directeur de Publication de sites en ligne entre autres demeure un maillon fort dans cet échiquier lié à l’économie numérique.

Il faut rappeler que selon le rapport de l’Unesco, "la violence en ligne contre les femmes journalistes est conçue pour : rabaisser et humilier ; induire la peur, le silence et le retrait ; les discréditer professionnellement […] et refroidir leur participation active (avec celle de leurs sources, leurs collègues et leur auditoire) dans le débat public".

Le journalisme au féminin : un espace pour la digitalisation des données

En outre au Cameroun, de plus en plus de femmes s’intéressent au domaine de la protection de données numériques. Elles suivent des formations sur le « Fack Checking » et la protection de données.

Toutefois ces attaques cybernétiques sévissent et persistent dans cette plateformes et détruisent des carrières et des vies. 50 journalistes ont été assassinés en 2020, dont plus des deux tiers dans des pays en paix ce qui semble plus ou moins inquiétant. PROTEGE QV a ainsi organisé plusieurs modules de formation qui allaient de la :

- Définition des concepts

- Etat des lieux de la cybercriminalité au Cameroun

- Présentation des menaces numériques (liste non exhaustive)

- Comment se protéger en générale contre ces attaques

- Attitudes à adopter en cas de cyberattaques

« Il faut dire que la formation a été bien pensée, parce-que les femmes des médias sont très exposées à diverses attaques. Il était donc opportun de les rassembler pour pouvoir leur donner quelques acquis. Maintenant ces acquis nous permettent aujourd’hui de pouvoir éventuellement ne pas souffrir face à certaines menaces, qui peuvent être le harcèlement, qui peuvent être des informations qui nous sont données par certaines personnes que nous connaissons et même que nous ne connaissons pas, et qu’il faille par exmple les enregistrer pour pouvoir soutenir ce cas, si jamais l’occasion nous est donnée de prouver que nous avons reçu par exemple un harcèlement de la part de la personne de pouvoir prouver.

Je pense qu’on a reçu beaucoup d’éléments qui nous permettent aujourd’hui de pouvoir parer à certains méfaits sur le cyber espace. Moi particulièrement je n’aim pas trop révéler les mots de passe, et je suis très souvent victime de comptes piratés, je pense que pour l’instant même mon facebook doit être piraté et je pense que je verrai si c’est possible de le récupérer si ce n’est pas le cas je vais tout simplement en créer un autre. » A avancé Carole Prudence TchientCheu, Directrice de la radio ‘’Royal FM’’ à Yaoundé.

Les sessions ont été subdivisées de sorte à agencer les différentes problématiques rencontrées lors de l’exercice du travail des femmes de médias au Cameroun. Des exemples de piraterie de compte ont été évoqués, d’utilisations abusives de l’image et de la propriété intellectuelle, des dérives des réseaux sociaux...etc Durant la formation, les logiciels comme SSE file Encryptor et Bitwarden ont été installés dans les différents supports des participantes lors des travaux en atelier, pour conserver les mots de passe de manière sécurisée.

Les formateurs ont présentés plusieurs formes d’attaques et ont exploré les différentes formes de protections les différents canaux (logiciels de protections, usage de mots de passes sécurisés, utilisations effeicaces des bases de données, signalement de comptes piratés, bon usage des réseaux sociaux…) dont usent les femmes journalistes.

Dans cet ensemble il faut rajouter qu’aux violences sexistes s’ajoutent également d’autres violences liées à la couleur de peau, à l’orientation sexuelle ou à la religion. 81% des journalistes noires déclarent avoir subi des violences en ligne, contre 64% des journalistes blanches. Ce taux grimpe à 88% pour les journalistes homosexuelles, contre 72% pour les hétérosexuelles. Et concernant les violences dans la vie réelle, 53% des femmes journalistes arabes en déclarent en avoir subi.

Cette approche de PROTEGE QV en collaboration avec APC (Association pour le Progrès des Communications) est sans nul doute un pas de plus vers l’adaption des Technologies de l’Information et de la Communication envers les femmes journalistes qui demeurent un vecteur positif de développement pour fédérer les énergies liées à l’émergence.

Odile Pahai