MINTP / Infrastructures : Revue des projets routiers et des autoroutes

Dans une optique d’apporter des chiffres et des coûts et des proposer et de compléter les exigences et les permanences des projets routiers et des autoroutes, la session de revue des projets et des autoroutes s’est ouverte ce lundi 21 mars 2022 au MINTP (Ministère des travaux publics). Cette session sera structurée sur plusieurs axes et va durer trois jours d’affilées (21 au 23 mars 2022). Elle est présidée par le NGANOU DJOUMESSI, Ministre des Travaux Publics, des Délégués régionaux et des responsables dudit ministère.

« Nous commencons ce jour avec un série d’évaluations et d’exécutions des différents chantiers d’infrastructures routières dans les dix (10) régions de notre pays, organisées en réseaux. Il s’agit avec ces rencontres comme vient de le déterminer madame le Chef de la Cellule de Communication, il s’agit disais-je avec ces rencontres qui donne à chaque équipe projet de partager ses contraintes, ses attentes ; de rechercher donc et de recueillir les orientations pour achever les projets concernés.

Je voudrais à cet égard vous remercier très sincèrement de participer, d’intégrer dans vos mœurs de survie de cette approche. En effet, la proximité avec les équipes projets, est une exigence il me semble utile de réussite. Cette exigence s’analyse comme l’appréciation des prestations rendues par l’entreprise, les difficultés qu’elle rencontre, les solutions envisagées. Ces solutions quand elles sont arrêtées de manières concertées, ont plus de chance d’être implémentées à la satisfaction de chaque intervenant. Cette exigence analyse tout aussi comme l’appréciation des prestations des missions de contrôle. Des prestations de maitrises des coûts, j’ajoute que ces missions de contrôle, ces maîtrises doivent aussi être évaluées, doivent toutes aussi être contrôlées.

La revue des projets permettra donc aux différents intervenants d’examiner les problématiques de Gouvernance administratives, les problématiques de Gouvernance techniques des projets. Par Gouvernance administratives on entend toute la paperasse juridique qui sous-tend la mise en œuvre d’un projet et son exécution. Les échanges de la présente session vont s’ouvrir à chaque fois, par les cas du réseau routier de la région concernée.

Ainsi les axes sur lesquels nous pourront massifier nos attentions, nos possibilités financières seront déterminées à la suite de ces présentations du Délégué Régional des Travaux Publics de la région concernée. Je voudrais à cet égard inviter tous les participants à un examen rigoureux de tous les projets car au bout du compte, il s’agit de lever les éventuels entraves à leur endroit » A dit le Ministre lors de son discours d’ouverture des travaux.

 

Région de l’Adamaoua : une voie alternative pour relier le Centre et l’Adamaoua

L’Etat du Cameroun, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, se sont engagés dans la construction de la Route Nationale 15, Batchenga - Ntui - Yoko - Léna - Tibati - Ngaoundere, dans le but d’assurer la liaison Centre - Adamaoua et de créer une voie alternative pour le corridor Yaoundé - Ndjamena. La mise en œuvre du projet dans les sections Léna - Sengbe - Tibati, a permis de réaliser des économies qui ont à leur tour favorisé le rallongement du linéaire initial.

Le projet de construction de la route Léna - Tibati -Ngatt était à l’origine celui de la construction de deux sections, Léna - Sengbe - Tibati, d’un linéaire total de 135,16 km. La première économie réalisée dans le projet est issue du gap entre le montant du financement mobilisé auprès du partenaire financier, la Banque islamique de Développement et le coût proposé par l’entreprise adjudicataire, Sogea Satom. Une première économie d’un montant de 15 Milliards a donc ainsi été réalisée et par la suite, une deuxième économie a été faite et découlant, d’une part des quantités à produire et d’autre part, de la gestion de la ressource humaine sur le site des travaux. Une somme de 3,5 Milliards a par la suite été dégagée.

Au total, une enveloppe de 18,5 Milliards a été mobilisée en termes d’économie. Au regard de l’importance de cette première enveloppe mobilisée grâce à la première économie, le ministère des Travaux publics, a prescrit des travaux supplémentaires, augmentant le linéaire des travaux de 27 kilomètres. S’agissant de l’économie de 3,5 Milliards réalisés sur les travaux, le Maître d’ouvrage a proposé une optimisation des travaux prévus au départ et la réalisation de plusieurs autres. Cette optimisation concerne l’augmentation du linéaire des travaux de 4,350 supplémentaires entre Tibati en Ngaoundere, en sus des 27 kilomètres susmentionnés; de l’aménagement d’un poste de pesage alterné (à deux voies) afin de mieux assurer la fluidité du trafic de se limiter les risques de dégradation de la chaussée; de l’aménagement en 2 x 1 voies avec une bande en arrêt d’urgence de deux mètres de chaque côté et un terre-plein central, pour ce qui est de la traversée de la section urbaine de Tibati; de l’aménagement d’une chaussée rigide en béton hydraulique en lieu et place d’une chaussée souple en béton bitumineux au niveau des aires de pesage et l’amélioration de la circulation verticale.

Toujours dans le registre des optimisations réalisées dans le projet, on peut dénombrer la réalisation de 9,1 Km de voirie dans la ville de Tibati avec un revêtement en béton bitumineux, au lieu de 6,5 Km initialement prévu; la construction de 12,243 Km de sextions à trois voies; la réalisation de sept ouvrages d’art de portée importante au lieu de cinq, ainsi que de multiples aménagements socio-économiques. Au demeurant, l’application des justes prix aura permis de dégager des économies, tout comme les choix techniques réalisés dans la mise en œuvre du projet. Pour atteindre Ngaoundere, des négociations sont en cours avec le partenaire financier Banque islamique de Développement et qui certainement, aboutiront à la mise en place d’un financement qui pourra permettre de poursuivre les travaux aux fins d’atteindre le chef lieu de la région de l’Adamaoua.

Réhabilitation du Pont sur le Mayo Limani et ses accès dans la région de l’Extrême-nord.

Au 15 mars 2022, le taux d’exécution des travaux de réhabilitation du pont sur le Mayo Limani et ses accès, situé entre Amchidé et Limani, frontière Nigeria-Cameroun, région de l’Extrême-nord est de 60,74%. L’ouvrage est une infrastructure en béton armé d’une longueur de 120 mètres qui relie le Cameroun à la frontière avec le Nigeria.

L’entreprise en charge des travaux est préoccupée par la livraison des travaux qui doit intervenir au courant du mois de juin 2022, selon les délais contractuels. L’achèvement des travaux a été abordée par le Ministre des Travaux publics au cours de la revue des projets entamée ce jour dans son département ministériel. L’on note au demeurant que, l’achèvement des travaux va permettre de faciliter les déplacements des populations du Mayo Sava, tout en favorisant les échanges commerciaux avec le Nigeria. Le coût des travaux s’élève à 1 399 995 358 f Cfa TTC.

Pont sur le fleuve Logone, l’avancement des travaux se situe à 22%

Au regard de la faible performance réalisée par le groupement en charge des travaux, le Ministre des Travaux publics a prescrit une mise en œuvre rigoureuse du chronogramme des travaux.

Le Cameroun et le Tchad, avec l’appui de leurs partenaires, l’Union Européenne et la Banque africaine de Développement, ont lancé la construction d’un pont devant relier les deux pays, sur le fleuve Logone. Le projet concerne la construction d’un pont de 620 ml entre culées, l’aménagement des voies de raccordement de 13,340 km de part et d’autre, entre Yagoua et Bongor et la construction d’un pont de 20 ml sur le Mayo-Bonéyé, coté Tchad. Les travaux sont réalisés par le groupement Razel Cameroun / Razel -BEC/ SOTCOCOG, sous la maîtrise d’œuvre du groupement GAUFF GMBH & Co-Engineering KG/CIRA SAS/TechnoRoute.

Le financement du projet est assuré par l’Union Européenne, la Banque Africaine de Développement, le Fonds Africain de Développement et l’Etat du Cameroun, à hauteur de 43 970 541 248 F CFA TTC. Les travaux démarrés en 2020 ont connu une suspension en raison de la pandémie à coronavirus. La date d’achèvement est prévue pour juillet 2024. A date, 14 pieux sur les 72 attendus sont réalisés, 55% des dalots à construire sont exécutés et 16% des travaux de terrassements sont effectués. Un pourcentage qui permet d’estimer l’ensemble des travaux réalisés à près de 22%. Quelques principales contraintes ont été relevées au cours de l’évaluation faite par le Maître d’ouvrage du projet, notamment la pandémie sus-mentionnée qui a causé un retard de près d’un an et le chavirement du Bac existant qui a entraîné un ralentissement des travaux côté Tchad. Il faut en outre relever que le fleuve Logone a un fort débit pendant la saison pluvieuse et déborde de sa ligne habituelle, en créant ainsi d’énormes difficultés aux usagers.

Face au taux d’avancement du projet, le Ministre des Travaux publics a instruit l’entreprise à accélérer les travaux et surtout, à mieux s’organiser pour une meilleure visibilité du projet. Sur un tout autre plan, le Maître d’ouvrage vient de lancer un appel à candidatures pour le recrutement de jeunes ingénieurs, soit quatre côté Tchad et le même nombre, côté Cameroun, devant bénéficier du transfert de technologie dans le cadre du projet, conformément à l’accord conclu entre les États du Cameroun et du Tchad. L’objectif global de ce projet est de relier la ville de Yagoua à l’Extrême-nord du Cameroun à celle de Bongor au Sud du Tchad, dans le but renforcer les échanges économiques entre les deux pays.

Source : MINTP

Odile Pahai