Cameroun : Les riverains du "Boulevard Bonabo" à Douala crient leur ras-le-bol aux autorités

Face à l'inaction du Maire de ville de Douala, les familles endeuillées par les accidents sur le boulevard se rassemblent pour COMMÉMORER LEURS proches.

Pour dénoncer les accidents mortels à répétition sur la nouvelle route du Boulevard de la République, les familles de victimes et riverains se recueillent et témoignent de leurs pertes, demandant au Maire de ville de prendre des mesures.

Ce mercredi 27 Avril 2022 à 13 heures, une vingtaine de riverains du "Boulevard Bonabo" (Bepanda Bonamoussongo) se sont regroupés devant l'école primaire et maternelle "Palme d’or" pour interpeller le Maire de Ville sur la dangerosité de cet axe routier. Vêtus du noir et de bougies, les habitants sont venus se recueillir au trottoir pour témoigner des décès de leurs proches qui ont eu lieu sur cette route depuis le début des travaux.

"Chaque jour, nous traversons le boulevard la peur au ventre, craignant de nous faire percuter par les voitures qui roulent à vivent allure. J'ai peur pour mes enfants, qui doivent traverser pour aller à l'école", témoigne Madame Foyou Rebecca, habitante des abords du boulevard.

En effet, depuis 2016, début du chantier, plus de 30 personnes ont perdu la vie en tentant de traverser le boulevard, car aucune infrastructure sécurisant le passage des piétons n'a été installée. Dimanche dernier, le 24 avril 2022 aux environs de 19 heures, un nouvel accident a provoqué une hémorragie cérébrale d’une personne âgée du quartier, percutée par un véhicule. De nombreux parents s'inquiètent pour leurs enfants, qui doivent traverser la route chaque jour pour se rendre à l'école, et beaucoup de riverains doivent traverser régulièrement l'axe lourd pour leurs activités quotidiennes.

Les habitants mobilisés demandent des solutions efficaces en urgence, sans attendre la fin du chantier qui a pris du retard, comme la pose de ralentisseurs de vitesse, et à terme la construction de ponts piétons.

"Il ne se passe pas une semaine sans accident sur le boulevard, nous vivons dans la peur au quotidien ; il faut trouver une solution à ce problème de passages sécurisées pour piétons", explique M. Nguelueu Roger (71ans), membre de l’antenne locale OnEstEnsemble Bepanda Bonamoussongo.

Organisés au sein de l'association OnEstEnsemble, ils ont interpellé tout d'abord Monsieur le Sous-Préfet de Douala 5e, en janvier 2019, qui a transmis le dossier à la communauté urbaine de Douala (CUD) en demandant de trouver une solution à ce problème d’excès de vitesse sur le boulevard, fatal pour les piétons qui n'ont aucune solution sécurisée pour traverser. Après les changements d’organisation de la CUD, ils ont interpellé à multiples reprises le nouveau Maire de Ville, notamment à travers des courriers le 26 mars et 30 septembre 2020. Le 23 novembre 2020, les membres de l'association s'étaient déjà mobilisés pour interpeller le Maire faute de réaction satisfaisante. Malgré l’audience accordée par le chef d’état-major du génie militaire et les promesses effectuées par la direction de l’entretien et la construction des infrastructures (DECI), le danger perdure, aucune solution n'a été apportée. C'est pourquoi les habitants du quartier ont décidé de passer à nouveau à l'action.

Ils espèrent obtenir ainsi une audience avec Monsieur le Maire de Ville, qui refuse jusqu'ici de dialoguer, et la mise en œuvre de solutions efficaces rapidement.