Cameroun – Opinion/SHANDA TONME : «La malédiction de l’université de Douala »

La malédiction de l’université de Douala

Deux anciens recteurs en prison, des Doctorats à la pelle ou « Doctorats Popcorn », intrigues, inquisitions, chantages, diffamations et sabotages. Entre vérités et mensonges, d’hier et d’aujourd’hui. Mais que se passe-t-il réellement à l’université de Douala ?

Dans une adresse remarquable pleine de félicités lors de la remise des diplômes à l’Université des Montagnes devant un parterre de hauts responsables universitaires, politiques et civiles, le Professeur Jacques FameNdongo, Ministre d’Etat chargé de l’enseignement supérieur, encourageait les dirigeants des institutions universitaires à innover, à être plus créatifs, ambitieux et agressifs, dans la recherche des financements et des partenariats de toutes natures pour se bâtir, se doter des équipements et des cadres de formation attractifs et compétitifs.

La semaine qui s’écoule, aura été pour l’université de Douala, un moment pénible et très douloureux pour son image, à cause d’une apparition sur les réseaux sociaux, d’une information faisant état d’une dette de consommation de l’énergie électrique de deux milliards de Francs CFA. Je n’ai pas résisté devant l’envie de questionner, d’enquêter, de comprendre profondément, autant le timing, le but, les contours que les implications de cette publicité brutale.

Il se trouve cependant, que sur place, l’université offre l’image d’une renaissance effective en cours de matérialisation, à travers des grands chantiers en totale rupture avec un passé récent de désespoir, de galère et de quasi ghetto académique. On annonce des inaugurations dans les jours prochains de certains ouvrages emblématiques, pendant que le corps enseignant, le personnel d’appui de même que les apprenants vibrent dans un sursaut d’espoir. L’état des lieux serait objectivement passé d’une sinistrose avérée voire une menace existentielle pour l’université, à la construction des outils matériels, humains, psychologiques et intellectuels d’une belle promesse de rayonnement académique.

Alors, bâtisseurs positifs ou simples impressionnistes en quête de visibilité ostentatoire ? La réponse serait à chercher dans les faits, sur le terrain et moins dans la diffusion à dessein, des éléments de dettes qui évoquent un passé de troubles multiples dans la gestion. Le nouveau Recteur aurait suivi les vœux en forme de fessée de cheval du Ministre d’Etat. Un partenariat actif et productif avec des banques, des projets, des réalisations, bref du travail en vrai et un cadre vers l’excellence. Du coup, tous les loups seraient sortis des bois, chacun brandissant un bout de dette et convoquant comme témoin, une opinion prompte à châtier et à ventiler des humiliations. L’université des Recteurs prisonniers et des doctorats popcorn, aurait résolument entamé une mue salvatrice. La postérité se chargera d’arbitrer, et le Médiateur universel de prendre acte./.