SHANDA TONME à Richard BONA : "Le Passeport camerounais se délivre en soixante-douze heures au trop"

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR RICHARD BONA RELATIVEMENT A LA PROFANATION DES EMBLEMES DE NOTRE MERE PATRIE CAMEROUN

Le Cameroun n’est ni à vendre, ni à insulter, ni à humilier, ni à marchander contre quelques faveurs, privilèges et popularités instrumentés. Quelles que soient nos tares, notre système de gouvernance, nos échecs, nos déceptions et nos préoccupations, nous demeurons une grande nation dans tous les sens du terme. Les errements d’un fils frustré ne sauraient tuer la famille et anéantir ses espoirs et les fleurs de son destin. 

Monsieur Richard Bona,

Comme vous et votre guitare, ma plume et moi, formons une secte intelligente qui livre et délivre des messages précieux. Jamais je n’ai recours à ma plume à la légère, et jamais je ne la brade dans des inutilités. Je la prends, je la soigne, et je m’en sers, avec la plus sublime des dextérités. Elle est ma meilleure amie et le socle des indications et orientations de mes convictions et engagements.

Cher compatriote, cher frère,

Excusez-moi de vous qualifier ainsi, mais profondément, je sais que vous le demeurez, mon frère, mon compatriote, quoi que vous fassiez, quoi qu’il vous arrive, et quoi qu’une ambition ou une main tierce, vous commande et vous dicte le contraire.

Cher Frère,

Il y a encore quelques mois, un des chevaux de bataille, de provocation et d’injure contre notre pays, était les retards, les tracasseries et la corruption dans la délivrance des passeports. S’il est incontestable que de nombreux compatriotes en ont souffert, il est tout autant certain que beaucoup d’autres trouvaient là, un argument venimeux pour essayer de nous détruire. Aujourd’hui, tout cela relève de l’histoire ancienne. Le Passeport camerounais se délivre en soixante-douze heures au trop.

Cher compatriote,

J’ai regardé avec effroi, pitié et colère difficilement contenue, la scène digne d’une scène de théâtre d’autoflagellation, la destruction d’une copie de votre passeport camerounais, volontairement disséminée à travers moult réseaux sociaux. Je me suis posé des questions sur la signification, le timing, les objectifs et les implications, en vain. Je prends la liberté néanmoins, de vous signifier, que vous avez posé un acte d’affront irréparable contre tout un peuple, contre une nation, contre un pays, un Etat.

Ce sont tous nos emblèmes, notre identité, notre culture et nos valeurs, que vous avez profanés ce faisant. Je me demande comment vous vous prendrez pour réparer cet acte, et si jamais vous parviendrez à le réparer, parce que ce sont, un fragment de l’âme de nos ancêtres, une goutte précieuse et fraîche du sang de nos martyrs, et des trésors inaltérables de notre patrimoine sentimental que vous avez choqués, diffamés et souillés.

Cher compatriote, même américain et autre d’adoption,

Je tiens, du plus profond de mon cœur, à vous dire que le Cameroun n’est pas encore orphelin et ne le sera jamais. Sans doute qu’aveuglés par de folles ambitions politiques, des instincts bavards de vengeance ou des relents de frustrations mal assumés, quelques compatriotes croient le pays fini, abandonné, laissé libre et ouvert à toutes les aventures et aux chasseurs carnassiers des primes. Je veux ici vous assurer, avec force, conviction et détermination, que le Cameroun n’est pas orphelin et sera toujours soutenu et défendu. J’ai vu que le gain de votre geste, provenait des médias sectaires et haineux étrangers, aux desseins funestes et coloniaux. Si c’est cela la récompense, s’allier avec de meilleurs ennemis pour détruire le village et souiller les tombes des ancêtres, alors, c’est plus que déplorable, pire que la trahison d’un général en temps de guerre.

Enfin, respectant votre opinion, votre liberté et votre talent de musicien et d’artiste pour lesquels je suis et ai toujours été très sensible, je vous dis aurevoir et vous demande avec insistance fraternelle, d’honorer la terre de vos ancêtres, car c’est ici, ici exclusivement et nulle part ailleurs, que se trouve votre cordon ombilical. J’ai souvent assisté à nos aéroports, au débarquement de cercueils, souvent ceux de gens qui comme vous, avaient perdu le sens de l’honneur de la patrie, ainsi que de l’amour de la famille. A chaque fois, mes larmes ont coulé, comme pour magnifier, affectueusement, le lien de sang et la solidarité de la terre.

Les emblèmes d’une nation sont sacrés, et nul n’a le droit de les profaner, même en temps de guerre, quels que soient les motifs.

Avec ma plus belle et humble considération./.

SHANDA TONME