Bernard NJONGA, Président du CRAC

Cameroun - SHANDA TONME : UNE AUTRE LECTURE DU MESSAGE DE NKAMBE

On peut broyer les gens, détruire des matériels, brûler des billets de banque, mais on ne peut pas broyer une cause, tuer un sentiment d’injustice ni conjurer une colère légitime sans trouver une solution même imparfaite mais consensuelle, pour la gangrène de base.


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Ne serait-il pas temps d’aborder autrement les revendications sécessionnistes dans les deux régions anglophones du pays? Avons-nous fait tout ce qui est nécessaire, indispensable et recommandé pour un dialogue franc, sincère, inclusif, honnête et intégral pour la paix. On peut gagner la guerre avec les armes, mais on ne peut gagner la paix qu’avec le dialogue.


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Au lendemain des tristes événements qui ont ensanglanté la célébration de la fête de la jeunesse dans la ville de Nkambé (Nord-Ouest), je suis habité par un profond sentiment de honte, doublé d’un constat de défaite et de désorientation. Je me demande d’ailleurs, si quelqu’un de responsable, objectivement attaché aux valeurs d’humanité et de coexistence pacifique, et par ailleurs capable de jugement honnête sans opportunisme ni satanisme ni sectarisme tribal et ni conservatisme politique bête et haineuse, pourrait être indifférente à la vue de ces terribles images de gamins ensanglantés?


Je porte en mémoire le massacre des écoliers de Kumba, l’enlèvement du Sous-préfet de Bamenda, la décapitation de la gardienne de prison Ayafor, les incendies de Limbé, l’enlèvement du Cardinal Tumi. Mais je porte aussi, la mémoire du massacre des six cent écoliers de Soweto, les enfants de Gaza. Triste tout ça.


La même interrogation me revient et m’enlève le sommeil: Comment faire pour en finir? Je ne veux pas penser à une ou des réponses, mais je ne vais pas fuir mes responsabilités d’intellectuel, de leader d’opinion, d’éveilleur des consciences et de patriote établi. Nous avons assez tergiversé, et le prix payé c’est justement le sang de ces enfants innocents, en plus d’un pays tout simplement bloqué, sans repères à long terme pour la paix. Non, il est impossible de continuer dans ce chemin et avec ces discours de triomphalisme. Une médiation et un dialogue effectifs s’imposent avec urgence. Les discours sur les terrorismes traversent l’histoire contemporaine, mais à chaque cas, un temps est venu, une cloche a sonné, et les bandits d’hier sont devenus les négociateurs autour d’une table, parce que la nécessité du dialogue a gagné les esprits et battu en brèche les égos insensés ainsi que les sectarismes et les conservatismes de toute nature.


Au risque des reproches et autres suspicions, dorénavant ma conviction est fixée. En somme nous n’avons pas fait assez pour le dialogue, ou alors que nous n’avons pas fait dans le bon sens. En conséquence il est pour moi clair que nous devons recommencer, faire autrement et construire honnêtement et effectivement la paix au Cameroun. Le sang des écoliers de Nkambé hante le sommeil de la nation./.


Yaoundé, le 14 Février 2024

Derniers commentaires

06.12 | 17:52

Initiative à encourager. Merci et bravo aux promoteurs du mouvement 👏👏

03.12 | 09:31

Buenas tardes, encantado de saludarte. Soy Jose
Quería escribirte porque me ha parecido interesante comentar contigo la posibilidad de que tu negocio aparezca cada mes en periódicos digitales como not

30.11 | 11:53

Bonjour Mme et toutes mes félicitations,
Je suis à Douala, je suis à la recherche de votre tisane. Avez-vous une représentation à Douala. Sinon comment faire pour avoir régulièrement votre produit.

28.11 | 21:45

Vive la folie de la littérature

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