Cameroun – Musique : Le maxi-single Akege de Mefu Elise KAMENI prône l’appel à la conscience divine et à l’incarnation au devoir communautaire

Dès son entrée en scène, cette artiste choisie par la nature interpelle avec son vestimentaire et sa présence face au public. Nul ne peut douter de son esprit de discernement lorsque le regard est échangé avec ses musiciens et tout son staff. Il s’agit bel et bien de l’artiste musicienne camerounaise ‘’Mefu Elise KAMENI’’, titre qui lui sied à merveille aux vues de ses déhanchements ur scène et de la sybiose qu’elle forme entre ses textes et la créativité qu’elle procure. La Mefu ou encore ‘’Mafo’’ chez certains signifie « Reine Mère », celle-là qui incarne la sagesse, le rassemblement, aide à la prise de conscience et parfois demeure l’oreille attentive d’un Chef de village. Digne de respect dû à son rang, celle-ci est une passerelle entre la réalité et la voix de la conscience qui aide à la cohésion d’une communauté.

Issue de deux aires culturelles (Ouest et Sud) Mefu Elise KAMENI a présenté ce 30 juillet 2022 au centre culturel Ubuntu à Yaoundé, son maxi single « Akege » composé de 4 titres phares (Akege, Awale, Mèè-wey, et A Kopsia). Cette présentation a vu la présence d’un public averti qui s’est émerveillé de la rythmique quelque peu entrainante reliant le vocable patrimonial de la langue « féfé » ou du « Koni » (Le koni est un rythme typique de Balako par Bandja joué sous fond de tam-tam, percussions et balafons).

« ‘’Akege’’ signifie je ne connais pas, je parle des gens qui sont dans les familles qui passent leur teps à cogner les têtes et puis quand on leur demande ils ne veulent pas assumer, ils ne veulent pas demander pardon et sortir de là. Le tite ‘’Akege’’ déjà c’est une mélopée traditionnelle parce-qu’avant c’est comme ça qu’on résolvait les problèmes dans les familles. On te mettait au milieu et on disait ‘’tu as fais telle chose, tu as fais ci ou ça’’. Donc si ce patrimoine pouvait revenir, le monde pourrait être meilleur.

La première chanson qui est ‘’Akege’’ je vous ai déjà expliqué, la deuxième ‘’Mèè-wey’’, la méloppée parle des crimes rituels, de tout ce qui se passe autour de la jeunesse aujourd’hui, l’éducation qui manque et tout ce qu’on subit dans la société, les mères subissent, les crimes, tout cela concerne même les jeunes qui meurent en voulant traverser. Ça concerne les mères, les mères ne pouvaient plus accoucher si elles se focalisaient là-dessus, donc j’appelle Dieu à regarder vers les mères ainsi que le Gouvernement. Dans le troisième titre, on a parlé du Cameroun ‘’Awalé’’, c'est-à-dire je demande la paix à Dieu pour notre pays dans tous les sens, parce-qu’en fait quand l’Homme n’a pas d’argent il n’a pas de paix. Quand l’Homme est affamé il n’a pas de paix, quand tu ne peux pas payer ton loyer, tu n’as pas de paix. Donc je demande à Dieu de jeter un regard vers notre pays, pour que la conscience change. Parce-que si on a autour de nous des gens égoîstes, l’Etat reste comme ça et puis personne n’avance, ceci parce-qu’en fait, ont dit toujours l’Etat, mais ce sont des hommes comme nous qui sont à la tête des directions qui prennent des décisions.

Dans le quatrième titre, je demande le ‘’Ben Skin’’, je demande au seigneur de jeter un regard et je le remercie, en remerciant en nous appelant à remercier Dieu pour tous les complots qu’on fait contre nous et dont nous ne sommes pas au courant. Et nous nous en sortons malgré tout. Parce-que tu marches avec quelqu’un tu crois que c’est ton ami, alors que demain il devient ton ennemi, or lorsque tu sais que c’est ton énnemi tu le mets à côté, quand tu sais que c’est ton ami tu donnes ton cœur et tout peut arriver. Donc on doit chaque jour dire merci à Dieu de nous protéger à temps et à contre-temps. » A dit l’artiste.

Menant la parole aux gestes, c’est sans surprise qu’on verra cette adepte de la démésure artistique esquisser quelques pas de danses et inviter le public à l’accompagner. La gestuelle, le rythme tonitruant, la percussion scénique a envahit avec emphase le déroulé de sa prestation. Un novice dans cet assemblage musical se serait sans nul doute cru dans un auditoire de pensées retributrices tout en pensant sa conscience avec le message délivré par cette esthète de la création et de l’appartenance civilisationnelle.

« Les noirs ont chanté avant, les noirs chantent dans les groupes traditionnels, donc lorsque vous chantez une mélodie, la portée peut être internationale parce-qu’en fait cela sort de chez vous. Je vous ai dis que ces rythmes sortent profondément des Hauts plateaux de l’Ouest, parce-que ce sont des rythmes qui étaient en voie de perdition. Quand on les ramènent et on les mets en public, les gens pensent qu’on les atransformés en musique moderne, non c’est juste en fait la manière avec laquelle nous entonnions ces chansons là, que je remets dans mon style.

Vous voyez maintenant la musique maintenant a un peu perdu de sa valeur, vous voyez maintenant on chante du n’importe quoi, on mélange n’importe comment. Lorsque vous revenez à la source, la musique devient pertinente et compétente, en fait vous chnatez ce que vous ressentez de votre culture. » Terminera Mefu elise KAMENI.

Questionnement, remise en question, pertinence, curiosité, tout y est pour ouvrir ce nouveau chapitre musical provenant des ancêtres et de la dynastie culturelle du Cameroun.

Odile Pahai