Honneur et Fidélité : Afrique : Les terrorismes à l’assaut du Golfe de Guinée !!!

Dire du continent africain qu’il est en passe d’être transformé en nouvelle terre d’expansion du terrorisme, revient à reconnaître avec beaucoup d’à-propos, que le fléau y gagne chaque jour de nouveaux territoires.

A partir des quatre points d’impulsion que sont la rive Sud de la Méditerranée, le Golfe d’Aden, la Corne de l’Afrique et le canal du Mozambique plus récemment, l’insidieuse pénétration que rien ni personne ne paraît en mesure de contrarier, semble s’être donné pour destination finale, le Golfe de Guinée.

Les raisons d’un tel choix ne sont pas à chercher du côté d’un quelconque idéal de puritanisme confessionnel, surtout que ce dernier est porté par des extrémistes très souvent analphabètes, et dont on connaît la vénalité du tropisme, ainsi que la mortifère aversion de la vie humaine. Le dévolu jeté sur le Golfe de Guinée ne saurait non plus se retrouver dans la violence armée aveugle, maquillée sous les traits d’une lutte en faveur de l’émancipation de populations présentées comme marginalisées.

Les raisons véritables qui poussent les terroristes de tous les continents, acabits et obédiences à vouloir prendre pied dans notre espace géographique, sont entre autres, l’ouverture de celui-ci sur l’océan, sa position avantageuse au centre de la planète, et surtout, sa proximité géographique avec les grands marchés occidentaux de consommation de produits narcotiques.

Ainsi pourrait-on dire, où le terrorisme passe, la drogue suit ! mais, ici s’arrête l’analogie avec le postulat sur la route et le développement, terrorisme et drogue formant un cocktail explosif dans tous les sens du terme, bien aux antipodes des bienfaits du développement qu’apporte le passage d’une route.

Le plus invraisemblable dans cette affaire réside pourtant dans cette espèce de connivence établie entre des idéologies que tout opposerait, du moins si elles étaient un tant soit peu sincères.

Seulement, voilà ! Les présumés extrémistes religieux et séparatistes entendent œuvrer de concert, à la promotion de leur véritable fonds de commerce ; le trafic de drogue. A la condition bien entendu, de parvenir à créer depuis le Golfe de Guinée, des voies de transit permettant d’établir une jonction avec les lieux où la demande en stupéfiants est la plus forte. Quitte pour ce faire, à provoquer des situations d’instabilité socio-sécuritaires, et même à créer des enclaves de non-droit dans les pays traversés par ces corridors de la mort.

En effet, le narcotrafic s’accompagne toujours d’un important trafic d’armes de guerre, ces dernières servant à entretenir un niveau de violence suffisamment élevé pour soumettre les populations à la collaboration ou au mutisme, réduisant de fait les capacités des Etats à mener une lutte efficace contre les cartels.

Par ailleurs, la drogue ne passe jamais entièrement son chemin. Toujours il en reste une quantité pour la consommation locale dans les zones de transit, schéma favorisant la paupérisation des populations des zones infectées, de même que l’inhibition des potentiels intellectuel et mental de la jeunesse.

La menace dorénavant identifiée, il revient aux Etats concernés par cette autre cause de fragilisation, de renforcer de manière considérable, les moyens matériels et cognitifs de leurs systèmes de sécurité, ceci de manière parallèle à l’intensification de la sensibilisation des populations sur la nocivité du narcotrafic sur nos communautés.

L’autre action d’importance à entreprendre sera la mutualisation des moyens de lutte, la synchronisation des opérations sur le terrain, l’échange d’informations et le transfert des compétences aux partenaires moins bien dotés.

Le Cameroun pourrait ainsi partager son expérience sur le démantèlement des groupes terroristes et la sanctuarisation de son territoire, jusqu’ici exempt d’enclaves de non-droit ou de zones grises.

Capitaine de Vaisseau

ATONFACK GUEMO,

Chef de Division de la Communication - MINDEF