Cameroun : Arnaque immobilière de la SICC : Les victimes sur la sellette

C'est une escroquerie immobilière ourdie de manière professionnelle depuis 2010 qui a dépouillée plusieurs familles de leurs économies. Ainsi , le collectif des 182 acquéreurs des logements sociaux du projet immobilier Garden Community de la SICC (à Mbanga-Bakoko par Japoma Douala) et victimes d'une escroquerie de plusieurs milliards Fcfa a expliqué les contours et les pourtours de cette affaire aux hommes de médias, il en ressort que les victimes demandent à l'État camerounais de faire en sorte qu'elles rentrent en possession des parcelles de terrain.

Une escroquerie savamment orchestrée

"L'affaire projet 180 logements de la SICC à Mbanga-Bakoko à Douala est une histoire criminelle grave qui porte sur plus de 2 milliards de Franc CFA. Une escroquerie à grande échelle où se mêlent aussi bien des acteurs privés, étatiques camerounais, que des partenaires américains. En Juin 2010, la société Southwest International Construction Corporation (SICC), branche camerounaise d’une firme présentée comme un groupe américain, lance ses activités au Cameroun.

Elle compte au sein de sa direction des Américains et des Camerounais. La Directrice générale est Mme Brigitte Soppo Ngallé, une Camerounaise ayant résidé longtemps aux Etats-Unis; son président est John Christensen, de nationalité américaine (c´est ce dernier qui paraphe tous les contrats entre les clients et la SICC). Cette société est agréée au Ministère de l’Habitat et du Développement urbain (MINHDU) au numéro 0011/E/2MINDUH/SG/CJ DU 29-10-2010. Elle affirme disposer de 40 ans d'expérience dans le développement immobilier, et propose de construire en périphérie de Douala 180 logements « haut standing ». Le site du projet est Yassa par Mbanga-Bakoko, lieu-dit Grande Trame, sur un terrain objet du Titre Foncier N° 46372/W (qui s'avère faux). La SICC propose trois types de logements pour un prix compris entre 26.376.240 FCFA et 46.901.663 FCFA, hors frais de souscription et autres frais notariés.

Après une grande campagne de promotion, cette société convainc, entre 2010 et 2011, plus de 180 cadres camerounais de souscrire au projet. Leur rêve est d’Investir dans leur pays et disposer d’un toit pour leur famille. La proposition est simple :

- Signature d’un contrat de réservation moyennant paiement d’une avance minimale de 10% de la valeur du logement à acquérir ;

- Le Crédit Foncier du Cameroun (CFC), société étatique, finance l’opération, par un crédit accordé au futur propriétaire, mais mis directement à la disposition du constructeur SICC ;

- Pour les achats directs, sans crédits, les fonds sont versés directement dans les comptes de SICC au Cameroun ou aux Etats-Unis, où SICC dispose aussi d’un bureau.

- Livraison de la maison au bout de quatre mois, et après quelques autres mois de différé, le propriétaire commence les remboursements.

Rassurés, d’une part par le fait que le Crédit Foncier du Cameroun (CFC) s’était déclaré partenaire du projet, et avait dans ce cadre accepté de recevoir les fonds correspondant à l’avance initiale ; et d’autre part qu’un Notaire, Me Régine Dooh Collins, à la réputation plus qu’établie sur la place, était l’officier ministériel instrumentaire, 180 cadres camerounais et chefs de famille ont versé chacun, entre 2,5 millions à 47 millions de francs FCFA, pour la majorité d’entre eux au Crédit Foncier du Cameroun, pour quelques-uns, à la SICC. 12 ans plus tard, aucune construction n’est en vue, et la SICC ne répond plus aux questions et sollicitations des acheteurs. Le préjudice immédiat, pour les acquéreurs s’élève au total à plus de deux milliard de Fcfa.

Dépités par des années de promesses non tenues et d’attente éreintante, les acquéreurs se sont résolus à saisir les autorités et instances nationales pour obtenir justice et réparation, et mettre fin à l’entreprise mafieuse de Mme Brigitte Soppo Ngallé.

Yahaya Idrissou