Cameroun, vive les grandes vacances : attention les enfants, danger ! Méfiance !

Le mois de juillet au Cameroun s’ouvre généralement avec les vacances scolaires pour la plus part des moins de 15 ans. La moitié de la population a moins de 17,7 ans et le poids démographique des enfants âgés de moins de 15 ans se situe à 43,6 %.

Il apparait donc clairement qu’une bonne partie de la population Camerounaise scolarisée se retrouve à la maison dès Juin. En dehors du stress lié à la nutrition de ces jeunes et adolescents, ils se posent avec acuité la problématique des occupations ou activités saines. Les parents, les familles, la société a donc ainsi 3 mois pour compléter voir combler « l’éducation » reçu pendant l’année scolaire par ces jeunes. Seulement, la plus part des adolescents et jeunes se retrouvent dans cette période dans un environnement où ils sont de plus en plus surexposés aux déviances de toutes sortes. La culture des vacances en campagnes pour les adolescents et jeunes est nettement en baisse tant dans le volume que dans la durée.

Personne ne veut voir ses enfants « manger » au village et comme cela se faisait à une époque, le voisin ou l’inconnu ne peut plus et ne doit plus « corriger » l’enfant de l’autre. On prend un malin plaisir au nom de la misère et de la pauvreté à larguer ces moins de 15 ans dans les rues avec des plateaux chargés de bananes, kola, cigarettes, tripes de bœuf, œufs à la coque chercher et contribuer à « l’effort du bien-être familial ».

En milieu urbain, le whisky en sachet coute 100 FCFA, une cigarette 25 FCFA, un filon de chanvre indien 100 FCFA. Pour certains, la télévision est le meilleur moyen de ne pas laisser trainer les enfants dehors, mais alors pour quel type de programme ? Les enfants devant la télé au Cameroun sont exposés en longueur de journée aux programmes télé d’ailleurs, aux mœurs d’ailleurs surtout avec des parents qui ne veillent pas au moins 10, moins de 12 ans, moins de 16 ans que certaines chaines sérieuses fixent avant chaque programme.

Le petit déjeuner peut commencer avec les gifles de cool black ou les vidéogrammes avec les femmes dénudés. Et pour les enfants d’un certains âge, si ça passe à la télé alors c’est bien. On a même déjà des dessins animés qui installent la violence, le nu, les pratiques sexuelles d’un autre type dans leurs programmes. Même ce qu’on appelait autrefois les « tintins » ne sont plus innocent pour nos enfants. Les réseaux sociaux que sont Facebook et whatsapp viennent compléter la liste des friandises intellectuelles servies à nos jeunes.

C’est à travers ces réseaux sociaux qu’on développe le voyeurisme, qu’on brise les filtres moraux du bon et du ce n’est pas bon, qu’on brise le sacré du nu, le sans-caleçon devient banal. C’est là-bas que nos jeunes semblent apprendre à se servir de leurs atouts physiques et non intellectuels. C’est là-bas surtout qu’on apprend qu’il faut réussir à tous les prix. C’est aussi là-bas qu’on fixe la mesure du bonheur sur le paraitre.

Quel est la place que nous avons donnée à la lecture ? Aux ballades et activités en familles ? Aux activités communautaires et sportives pour nos enfants ? Pourquoi nos communes tardent encore à offrir des activités et occupations saines à nos jeunes ? Les snack-bars et gargote voient leurs fréquentations augmenter mais surtout se rajeunir par des jeunes qui très tôt s’adonnent aux jeux de hasard. La période des vacances scolaires permet surtout d’interroger le rôle et les responsabilités de chaque acteur de la chaine éducative. Chacun se lance la balle, les accusations sous le regard dépassé des institutions administratives et décentralisés.

Ernesto YENE, mebala bidou, Animateur socio-éducatif